Une photo une histoire…

Derrière chaque photo se cache une histoire, qu’elle soit naturaliste, anecdotique, ou romancière, je vous la raconterai.

Elle présentera l’espèce végétale ou animale  présentée sur la photo en y ajoutant les informations sur sa façon de vivre ou tout simplement l’histoire de la prise de vue.

Chaque mois, je vous montrerai une nouvelle photo et l’histoire qui lui est dédiée,

Selon mon inspiration et la particularité de chacune,

L’histoire promettra une petite immersion au cœur de l’image..

Guénolé.

Une photo une histoire du Samedi 10 Avril : " L'affût du prédateur "

Automne 2020…

Il y a des rencontres animalières qui vous marquent pour toujours,

Croiser le regard du balbuzard pêcheur est une sensation qui vous marque à vie.

Ce rapace avait pratiquement disparut en France dans la première moitié du XXème siècle, ce qui fait de lui un animal assez rare à observer et de ce fait, à photographier.

Sa population se reconstruit doucement, ce qui explique ma discrétion sur l’endroit de cette rencontre.

Ce matin d’octobre, je rejoignais mon poste d’affût qui se trouvait sur le bord d’un Aber, lieu de mélange d’eau douce et d’eau de mer où la vie sauvage foisonne.

Un arbre mort, vestige du temps et au combien important pour la biodiversité, était le lieu de rendez-vous pour cet oiseaux et moi.

Plusieurs jours auparavant, venant prendre des clichés de héron, courlis, canards, etc… J’avais eu l’extraordinaire surprise de rencontrer ce magnifique prédateur qu’est le balbuzard pêcheur.

L’orientation pour la semaine d’affût était toute tracée.

J’avais observé qu’avant de fondre sur les poissons comme un éclair, il utilisait deux techniques de repérage: le vol stationnaire à plusieurs dizaines de mètres au dessus de l’eau ou de l’affût sur des postes dégagés où la visibilité était assez dégagée pour qu’il puisse affûter facilement.

Quand j’ai vu cet arbre mort, j’ai compris que c’était le poste idéal pour lui.

Après deux jours d’affût dans les ronces, prunelliers, les pieds dans la boue, debout, de nombreuses heures dans des positions très inconfortables à l’attendre.

Il ne se posa pas sur l’arbre, mais préférait des vols stationnaires pour son repérage des poissons.

Quand,

En chemin pour rejoindre une dernière fois cet affût après 5 jours de repérage, d’attente et de patience,

Je l’aperçu, à mon grand regret car je n’étais pas encore en place, prendre la direction de l’arbre mort.

Là tout ce bouscule dans la tête, savoir être réactif et vite.

J’ai décidé de tenter ma chance, je me suis mis à courir dans la boue accroupi pour qu’il ne me voit pas, mais arrivé à 100m du point de rencontre il était déjà posé à mon grand regret.

Allez coûte que coûte, il faut tenter une approche, je me suis donc mis à ramper en le fixant du regard, jouant en quelque sorte à « un, deux, trois, soleil » afin de ne pas me faire repérer.

Arrivé à une distance raisonnable pour ne pas le déranger mais pour tenter de prendre une photo, je me stabilise, toujours à plat ventre et réalise cette photo, pas celle que j’espérais mais qui a une histoire,

L’histoire d’une rencontre avec un prédateur rare et magnifique,

De plusieurs jours à analyser sont comportement et étudier la zone.

Je retournerai à sa rencontre à l’automne prochain refaire les clichés que j’ai dans mon cœur et mon esprit afin de vous partager ces moments riches en émotions.

Guénolé,

Une photo une histoire du Samedi 3 Avril :
"Perché sur mon arbre givré"

Perché sur mon arbre givré…

Par ce matin glacial, le mercure affichait -7°C,

je suis parti de la maison vers 5h du matin pour rejoindre ma tente d’affût mise en place 1 semaine à l’avance.

Dans cette nuit givrée, mes pas faisaient croustiller l’herbe glacée sur le trajet qui m’amenait à mon affût.

Pas de vent, pas de bruit hormis le cris des  chouettes hulottes qui perçaient cette obscurité apaisante.

Rien n’est plus magique pour moi que ces moments où l’on rejoint sa cachette dans le noir,  laissant vagabonder son esprit sur les différentes rencontres animalières que nous pourrons faire une fois caché, camouflé dans la nature ne faisant plus qu’un avec elle.

Une fois sur place, la rêverie me ramena vite à la réalité.

Assis à attendre sans bouger avec ce froid qui te glace les os ou seul l’espoir d’une belle photo t’aide à ne pas rentrer à la maison et te glisser sous la couette bien chaude.

Après deux heures d’attente, l’aube se leva enfin sur le bord de ce plan d’eau au cœur d’une prairie humide où la faune se réveille difficilement, engourdie comme moi par ce froid mordant.

Les foulques macroules à l’allure de patineurs peu artistique, cherchaient désespéremment un trou d’eau dans cette immensité de glace.

Les chouettes se tues et un cri caractéristique arriva avec les premiers rayons du soleil.

Un héron cendré… à l’heure, à la minute près comme tout les jours, guidé par sa merveilleuse horloge biologique qui lui dicte que l’heure de la pêche est arrivée.

J’allume tranquillement et peaufine mon matériel, prêt à déclencher pour une image que j’imagine dans mon esprit et non pas pour mitrailler à tout va ce qui passe devant mon objectif.

Une photo se construit avec le cœur et l’esprit, après la chance et le matériel font le reste.

Il survola cette zone d’eau sans s’y poser sur ses bords même si elle avait été libre de toute glace, pour aller se poser sur ce chêne majestueux aux ramures complétement emprisonnées de givre.

J’ai remarqué après toutes ces heures passées à observer la faune sauvage que les grands échassiers dont le héron fait parti,

à leur arrivée,  vont toujours se poser si ils le peuvent, sur un point culminant à proximité de leur zone de pêche pour analyser si aucun danger ne se profile.

L’image s’est construite dans mon esprit…

Ce chêne comme figé dans le blanc du givre avec la lumière du soleil se levant derrière faisant ressortir sa magnifique structure végétale et le héron posé en bon observateur,  à l’abri, sur cette force de la nature qui par son âge ancien témoigne de l’assurance de sa structure.

La photo « perché sur mon arbre givré » est née

Me reste plus qu’à souhaiter que comme moi cette photo vous inspire et vous apaise par sa composition à la fois animale que végétale.

Guénolé,

Bilbaroude Pix.

6 réflexions au sujet de « Une photo une histoire… »

  1. super boulot les enfants bravo bisous

  2. Excellent! Cette histoire rend la photo vraiment plus vivante, je la vois différemment maintenant. Hâte à la prochaine du coup

  3. Merci Gwenolé ! J’y étais ! J’entends la glace craquer et je l’imagine trop bien arriver ton héron 🤩 super idée de nous raconter les histoires de tes photos , cela les rend encore plus belles !! À bientôt !

  4. Belle photo belle phrase 👏👏👏

  5. J’adore cette idée de raconter une photo, on peut ainsi plus s’en imprégner et la voir sous un autre oeil que le notre. En plus, lire en écoutant le chant des oiseaux, wouah ! C’est grandiose 😉

  6. Bravo!c’est tellement beau félicitations je suis très fière de vous bisous😘

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